Croyez-vous que l’on puisse naître marin ?

Pour ma part, il m’a fallu beaucoup de travail, de volonté et de curiosité pour faire d’un idéal naïf une passion, d’une passion un savoir et d’un savoir un métier.
Durant mes six dernières années passées sur l’eau, partisan du « croche-dedans »,  j’ai été exigeant avec moi-même. Aujourd’hui j’ai la maturité professionnelle nécessaire pour participer à la Mini Transat, une course au large qui se dispute en solitaire et sans assistance de La Rochelle à la Martinique.

La course a été pour moi l’un des meilleurs moyens de progresser sur l’eau. Aujourd’hui, j’ai 26 ans, je vis de la mer et le monde m’appartient :
J’ai vu les astres s’allumer puis s’éteindre sur quelques horizons marins, les myriades de couleurs changeantes et la nature vierge, bleue infinie. Où le vent souffle ta Liberté.
Oui, la mer est une source inépuisable du roman universel, ce n’est pas rien. Mais la mer au quotidien c’est d’abord une prise de risque et de la sueur.
L’Atlantique en course et en solitaire sur un bateau de 6.50m c’est un travail d’endurance et de délicatesse.

Je ne pars donc pas à l’assaut d’un poème, je persévère. Je pars pour me sentir
vivant.

« Quand tu aimes il faut partir » Blaise Cendrars.

ANTOINE OULHEN