Du bon, du moins bon et quelques grains de sable

Faut bien le dire, c’était le marathon avant la première course de la saison. À force de bidouiller, de régler, de se poser des questions bonnes ou mauvaises sur le bateau, on oublie presque qu’à un moment, on repart sur l’eau. La préparation est à la fois un piège car on reste à terre et à la fois un gain, car on apprend à connaître son bateau techniquement. Psychologiquement, c’est important. On arrive de loin, la plupart des minis qui naviguent cette saison ont pour la grande majorité une année de navigation dans les pattes, alors forcément, on a le temps de se remettre en question et se demander à quelle sauce on va être mangé…
Avant la course, tout arrive en même temps, les tâches que l’on a repoussé à plus tard, les contrôles de sécurité, le test de jauge, la préparation de la cartographie et de la météo, les briefings sécurité et météo etc. Une petite voix dans ta tête te harcèle et fait écho à tous les gens qui te suivent. Elle te dit : “Antoine va dormir nom de dieu, Antoine repose toi !”Et puis on a à peine le temps de dire ouf, qu’on grimpe à bord et qu’un zodiac nous sort du port un beau matin. On hisse la GV, le solent et vl’a ti pas qu’une heure après, on est en procédure de course, c’est-à-dire à 5 minutes du départ !

C’est parti pour la Plastimo Lorient Mini 6.50 !

Un départ pas tout à fait comme on l’avait prévu. 12h00. Yves Le Blévec vient de donner le signal de départ. C’est parti pour la Plastimo Lorient Mini 6.50. Le départ de la course se fait dans du petit temps avec un parcours côtier autour de Groix. C’est vraiment dur parce qu’on ne trouve pas les bons réglages pour faire avancer le bateau et on se retrouve vite à l’arrière. On fait aussi une petite erreur en début de course sur un envoi de spi, mais ce n’est pas très grave, ce sont des choses qui arrivent. Autant vous dire qu’à Groix, on est vraiment en fin de tableau, vers la 53è place. On a essayé tant bien que mal de trouver les réglages dans le petit temps au prés, pas franchement une allure que le Chasse Filou semble affectionner pour le moment.

Direction les Glénan. Il y a une grosse molle sous les Glénan donc c’est un peu la loterie pour savoir où partir. On sait que du vent doit revenir du Nord-Est mais pas exactement où, ni comment la bulle va se déplacer sur la flotte. Alors ce n’est pas évident de se positionner pour arriver à la Jument des Glénan bien placés (je vous rassure il n’y a pas de canasson au milieu de la flotte, c’est le nom d’une balise !) et surtout rattraper le retard qu’on a accumulé à Groix. Heureusement, j’ai un super équipier, Rémi. C’est un très bon marin, calme et bien meilleur que moi. Apprendre avec les bons, c’est vraiment chouette. On a réussi à recoller de loin au paquet mais toujours aux arrières postes.

La première nuit à bord. Je suis super content parce que ça fait un moment que je n’ai pas navigué de nuit. C’est l’occasion de tester le bateau et surtout le marin, en vue des navigations en solitaire.

Lorsqu’on voit ce qu’on fait à deux, se dire qu’on devra faire pareil tout seul, c’est un peu impressionnant, mais bon on a signé pour ça !

Le premier grain de sable. Le premier souci technique arrive durant la descente vers l’île d’Yeu, un peu après les Glénan. On est sous solent et on ne va pas très vite, alors on décide de mettre un peu plus de toile. On reste donc sous gennaker et sous solent un moment. Seulement, on laisse le gennak un peu trop longtemps dans du petit temps, il y a 10-12 nœuds au près et ce n’est pas une voile faite pour ça. Du coup, le bout dehors « pisse » sous le vent (coté inverse de la direction du vent) et flambe. Encore une fois, Rémi est impeccable pour récupérer le gennaker (une grande voile d’avant plate). Heureusement, le bout dehors est encore utilisable. La nuit est longue et le vent commence à fraîchir tout doucement jusqu’à l’île d’Yeu. Au réveil, enfin au lever du jour, parce qu’on ne dort pas beaucoup, il y a 20 nœuds établis. On part assez sud car on souhaite éviter la bulle qui va se caler sur l’île d’Yeu et arriver bien positionnés à son passage. C’est long. Il y a des périodes de transition avec du vent médium à 10-12 nœuds, où on se retrouve de nouveau dans une situation où le bateau n’avance pas très bien (difficile de trouver les réglages dans du petit temps) et à la fois, dans une situation où on double pas mal de bateaux, que l’on voit ensuite revenir sur nous.

Le deuxième grain de sable. Voilà qu’un peu avant l’île d’Yeu, on perd la direction du vent mais on continue de recevoir sa vitesse. Rien de grave, ce n’est pas parce que l’électronique ne fonctionne plus, qu’on ne sait pas d’où vient le vent ! Alors on continue à l’ancienne jusqu’à Lorient.

Le passage de l’île d’Yeu. Je pense qu’on ne se débrouille pas trop mal sur la météo pour aller chercher l’île d’Yeu, parce qu’on remonte bien la flotte. La magie du Mini, c’est que sur ces petites courses on n’a pas d’infos sur le classement ni sur la météo. Il faut se dire qu’à ce moment là, on a plutôt l’impression de « ramasser les bouées », c’est-à-dire d’être en fin de classement.

On se rappelle pourquoi on a décidé de faire du Mini ou alors on se demande pourquoi on a décidé de se lancer là-dedans.

La remontée. Cap sur Belle-Île. Le dilemme est de savoir quelle voile de portant utiliser (naviguer au vent arrière). Pour le coup, on a plus de certitude sur la météo pour la nuit car les fichiers sont clairs : il va y avoir du vent de Sud-Est avec une tendance à fraichir. La météo est plus claire mais la durée de vie de notre bout dehors un peu moins. On part donc avec notre spi max sur une route un peu plus basse que les autres (on descend plus dans le vent, on s’écarte un peu de la route directe). Le vent rentre, on change de voile avec un spi de brise, pas très longtemps car le bout dehors rend l’âme rapidement. Il est définitivement plié.Dans cette remontée, on se rappelle pourquoi on a décidé de faire du Mini ou alors on se demande pourquoi on a décidé de se lancer là-dedans. Même si les problèmes techniques nous privent de rencontrer définitivement le bateau, ça va vite avec des pointes à 17 nœuds. Les conditions dans lesquelles les bateaux à étraves rondes sont vraiment prometteurs ! Le vent de Sud-Est n’est pas franchement très chaud, mais le bateau reste assez confortable même si ça tremble de partout quand ça accélère.
On franchit finalement la ligne d’arrivée 8è Proto et 16è au scratch, ce qui nous ferait une neuvième place en Série. Et c’est une drôle de nouvelle car très franchement, on pensait plutôt arriver en milieu de tableau.

Le bilan. Je suis content de ma course et ce qui est chouette, c’est surtout que Rémi ait été avec moi à bord. C’était vraiment super de pouvoir regarder comment il réglait les voiles. On peut presque dire ses voiles, puisque c’est lui qui les dessine. Mais aussi, comment il appréhende ce genre de bateau un peu dingue que sont les Minis 6.50. La palette assez large des conditions de vent rencontrées pendant la course et les nombreuses manœuvres ont permis de se mettre un peu plus en confiance avec le Chasse-filou, qui pour sa première course a bien porté son nom… Je n’oublie pas que cette surprenante remontée est liée au talent de Rémi : la transmission en mer, c’est vraiment précieux.


Cap désormais sur la Pornichet Select qui aura lieu dans moins de deux semaines. Ce sera ma première course en solitaire, alors d’ici là, il y a du pain sur la planche entre les réparations, les améliorations, les transformations, le convoyage, bref je ne vous fais pas toute la liste vous commencez à être habitués…

Merci à toutes et à tous de m’avoir encouragé et suivi.

Merci à tous mes partenaires.Encore une fois, MERCI à Rémi Aubrun de la voilerie ALL PURPOSE.

Un nouveau partenaire ajoute une flèche à son arc !

Créé en 1969, le Groupe ARC est une entreprise familiale devenue, au fil des années, un acteur important de la promotion immobilière en France. Engagé dans une démarche durable, Arc Promoteur Immobilier devient partenaire de mon Vector 6.50 et m’accompagne pour la Mini Transat 2019 !

Présent en Bretagne, dans Les Pays de la Loire ainsi qu’en Île-de-France, le Groupe ARC évolue dans une croissance responsable et préserve ainsi une approche de l’immobilier à échelle humaine. Fort de son expérience, il accompagne et conseille ses clients tout au long de leur projet immobilier.
C’est donc dans l’esprit de ces valeurs communes telles que l’entraide, la bienveillance, le partage et le goût du risque que le Groupe ARC s’est lancé dans la Mini Transat à mes côtés.

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